Marie Čermínová, dite « Toyen », née à Prague le 21 septembre 1902 et morte à Paris le 9 novembre 1980, est une artiste peintre tchèque surréaliste.
Allez-vous-en, vous n’êtes pas joués ! Il fait si noir qu’on n’a
jamais gravé les cartes.
Allez-vous-en, on vous a joués. Le
soleil n’a jamais fait partie des livraisons du jour et la terre
n’est qu’une ride de vieillesse.
Celui qui aime l’atome ne
mange que du néant. Celui qui croit prendre un chemin ne
prend que son corps par la fatigue.
J’avais pourtant trouvé de la viande dans les statues…et
quelque chose de touchable qui s’insérait, ne quittait jamais la
main, cette main, ma main.
Mais la main, l’ombre d’un geste, n’avait jamais quitté cette
sépulture anticipée, ce grand dortoir des autres, peuplé,
peuplé…
D’un grand fauteuil qui n’invite personne…
D’une clef œuvrée qui n’explique rien,
Trouvée dans la main
D’un pensionnaire de la maison détruite, quelqu’un payé très
cher pour rien.
Et dans un coin du sommeil des autres, lui, là-bas, sa peau
se déplace. À quoi t’entraînes-tu ? Qui donc te rêve ? Il n’a
rien vu, rien entendu ; son corps l’avait porté à la dernière
dimension nocturne, jusqu’à l’issue du dernier hasard.
Le dernier hasard…Un grand brouillard en place. En avant,
drapeau noir ! Les démons, on vous somme, plus
d’hésitation !
L’habitude de la réalité exige une belle autorité.
Moi, je n’aurais jamais dû me prendre les pieds dans cette
galaxie !
Jean-Pierre Duprey (1930- 1959)
in Œuvres complètes, annotée par François Di Dio, Christian Bourgois, Poésie/Gallimard, 1999
musique
Marcel Duchamp - La Marièe mise à nu par ses cèlibataires même. Erratum musical
https://youtu.be/SyXej7VsJOE
Allez-vous-en, vous n’êtes pas joués ! Il fait si noir qu’on n’a
jamais gravé les cartes.
Allez-vous-en, on vous a joués. Le
soleil n’a jamais fait partie des livraisons du jour et la terre
n’est qu’une ride de vieillesse.
Celui qui aime l’atome ne
mange que du néant. Celui qui croit prendre un chemin ne
prend que son corps par la fatigue.
J’avais pourtant trouvé de la viande dans les statues…et
quelque chose de touchable qui s’insérait, ne quittait jamais la
main, cette main, ma main.
Mais la main, l’ombre d’un geste, n’avait jamais quitté cette
sépulture anticipée, ce grand dortoir des autres, peuplé,
peuplé…
D’un grand fauteuil qui n’invite personne…
D’une clef œuvrée qui n’explique rien,
Trouvée dans la main
D’un pensionnaire de la maison détruite, quelqu’un payé très
cher pour rien.
Et dans un coin du sommeil des autres, lui, là-bas, sa peau
se déplace. À quoi t’entraînes-tu ? Qui donc te rêve ? Il n’a
rien vu, rien entendu ; son corps l’avait porté à la dernière
dimension nocturne, jusqu’à l’issue du dernier hasard.
Le dernier hasard…Un grand brouillard en place. En avant,
drapeau noir ! Les démons, on vous somme, plus
d’hésitation !
L’habitude de la réalité exige une belle autorité.
Moi, je n’aurais jamais dû me prendre les pieds dans cette
galaxie !
Jean-Pierre Duprey (1930- 1959)
in Œuvres complètes, annotée par François Di Dio, Christian Bourgois, Poésie/Gallimard, 1999
musique
Marcel Duchamp - La Marièe mise à nu par ses cèlibataires même. Erratum musical
https://youtu.be/SyXej7VsJOE
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2016-11-24
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